Impressions d'ici et là

Publié le par philomonique

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C'était il y a peu. L'été n'en finissait pas d'en finir.
Une nouvelle journée chaude se préparait, ici. Au loin, les pétarades de tondeuses à gazon, les claquements de portes de voisins, trop pressés de goûter l'eau du lac, de humer les senteurs de la forêt profonde, en quête de fraicheur. 
Une envie m'avait prise de me rouler dans les herbes un peu hautes de la prairie plus bas, de les sentir me caresser insidieusement les cuisses sous ma jupe, de courir pieds nus dans le ruisseau du village en faisant clapoter joyeusement l'eau à chaque bond, de la deviner me dégouliner sur la peau, éclabousseuse et coquine.
Puis essoufflée enfin, j'avais pris place à l'ombre d'un gros arbre au feuillage touffu, paupières closes, lèvres entrouvertes pour retrouver le souffle perdu, l'esprit, le coeur et le corps tendus vers l' inconnu.
Mais personne ne vint à ma rencontre, je m'en plaindrai à Aragon.
 
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L'automne arriva. Puis l'hiver, beaucoup trop tôt.
Un matin je partis seule trouver, dans un ailleurs meilleur, un peu de paix après les tumultes des jours trop pleins. Je fis escale sur un flanc de colline et m'assis en solitaire sur un banc usé pour admirer le paysage de ce lieu époustouflant et silencieux qui surplombait magistralement le lac.
Les nuages dans le ciel s'étiraient à n'en plus finir.
Je frissonnai au vent qui secouait les branches, seul souffle perceptible dans ce décor vidé de passants. La bise emportait les feuilles d'automne qui s'envolaient en rondes monotones et tombaient en tourbillonnant (!).
Grelottant malgré mon gros pull, j'admirai au loin le lac majestueux qui reflétait les cimes fraîchement enneigées de la nuit. Quelques voiliers flottaient, comme perdus sur la masse d'eau, deux ferrys qui se croisaient.
Parfois un joggeur me dépassait et me souriait, créant un bref mouvement d'air frais derrière lui.
Un chien perdu sans collier qui reniflait les traces laissées par ses prédécesseurs, un chat fuyant sa gouttière qui sautillait après d'invisibles proies.
Et puis moi, là, emmitouflée dans le col relevé d'une grosse veste, je plissai les yeux et me perdis dans la profondeur de cet instant volé, aspirant la sérénité qui se dégageait du tableau.
Apaisée. Enfin.
 
 
 
Inéluctable​          philomonique - copyrighted novembre 2008
 
 

Publié dans Scènes de vie

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S
Face à tant de qualité, j'en reste pantois.... au plaisir de te lire encore.... et encore...<br /> Bisous
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